Déclaration de Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, sur Gaza
Les autorités israéliennes nous ont temporairement autorisé à reprendre l’entrée d’une aide limitée à Gaza, après un blocus complet de 11 semaines et au milieu d’une offensive militaire croissante. Il s’agit d’une évolution bienvenue qui devrait se poursuivre.
Aujourd'hui, neuf de nos camions ont reçu le feu vert pour entrer par le poste-frontière de Kerem Shalom.
Mais cela ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan de ce qui est nécessaire de toute urgence, et une aide bien plus importante doit être autorisée à entrer à Gaza, à partir de demain matin.
Nous avons reçu l’assurance que notre travail sera facilité par des mécanismes existants et éprouvés. J’apprécie cette assurance, ainsi que l’accord d’Israël aux mesures de notification humanitaire qui atténuent les risques importants en matière de sécurité. Je suis déterminé à faire en sorte que notre aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin et à réduire le risque de pillage par le Hamas ou d’autres groupes armés.
Nos attentes concernant la situation actuelle des passages à niveau sont réalistes. Compte tenu des bombardements incessants et de la famine qui sévit, les risques de pillage et d’insécurité seront élevés.
Nous avons cependant la responsabilité de faire tout ce que nous pouvons pour fournir de l’aide, même au milieu de ces défis. Je suis profondément reconnaissant à nos collègues humanitaires pour leur immense courage et leur dévouement, car ils représentent le meilleur de l’humanité.
Nous sommes prêts à faire beaucoup plus. Pour y parvenir, nous exhortons les autorités israéliennes à :
Ouvrir au moins deux points de passage vers Gaza, un au nord et un au sud.
Simplifier et faciliter les procédures, sans imposer de restrictions sur le montant de l’aide autorisée à passer.
Lever les restrictions d’accès à Gaza et s’abstenir de toute attaque dans ou à proximité des zones où l’aide est acheminée.
Nous permettant de répondre à tous les besoins en matière de nourriture, d’eau, d’hygiène, d’abri, de santé, de carburant, de gaz, etc.
Pour limiter les pillages, il faut assurer un flux régulier d’aide et permettre aux travailleurs humanitaires d’emprunter plusieurs itinéraires. La réponse humanitaire doit être complétée par des biens commerciaux.
Nous sommes prêts et déterminés à étendre nos opérations de sauvetage à Gaza et à répondre aux besoins des populations où qu’elles se trouvent.
Nous appelons une fois de plus à la protection des civils. Le cessez-le-feu doit être rétabli. Les otages doivent être libérés immédiatement et sans condition.
Ce ne sera pas facile. Mais la société humaine saisira toute opportunité qui se présentera à elle.